Autour du thème

Pour se mettre dans le thème des JNE  :

Black Mirror, une série britannique créée par Charlie Brooker.

Les épisodes sont liés par le thème commun de la mise en œuvre d’une technologie dystopique. Le « Black Mirror » du titre faisant référence aux écrans omniprésents qui nous renvoient notre reflet. Sous un angle noir et souvent satirique, la série envisage un futur proche, voire immédiat. Elle interroge les conséquences inattendues que pourraient avoir les nouvelles technologies, et comment ces dernières influent sur la nature humaine de ses utilisateurs et inversement. Chaque épisode a un casting, un décor et une réalité différente.

Notre sélection : 3 épisodes de la 3e saison se rapprochent  du thème proposé en septembre :

« Chute libre » : Dans une société régie par la cote personnelle, Lacie veut tout faire pour obtenir l’appartement de ses rêves. Quand son amie d’enfance au statut irréprochable lui demande d’être sa demoiselle d’honneur, Lacie voit l’opportunité d’améliorer sa note et réaliser ses rêves.

Cette réalité est hélas désormais d’actualité en Chine :

https://siecledigital.fr/2018/04/10/chine-classe-citoyens-systeme-note-sociale/

« Phase d’essai » : Pour financer la fin de son tour du monde, un jeune homme en quête d’aventure accepte de tester un système de jeu vidéo en réalité augmentée directement relié à son cerveau. Il va vivre une expérience plus intense que prévue.

« Tais toi et danse » : Plusieurs personnes se font pirater et sous la menace de voir leurs vies ruinées par la mise en ligne d’informations compromettantes les concernant, se retrouvent à suivre les instructions absurdes et risquées des pirates.

Dans la saison 4 :

« Archange» ( Réalisé par Jodie Foster) : Inquiète pour la sécurité de sa fillette, Marie, mère célibataire, équipe celle-ci d’un implant de surveillance de pointe qui permet de la localiser, et pas seulement.

Sur le grand écran :

Pour les personnes non familières de l’univers des jeux vidéos, nous vous conseillons le dernier Steven Spielbgerg «Ready player one» sorti fin mars 2018.

Synopsis : Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…

Ce qu’en dit Télérama : 4 étoiles…

« Il y a deux Steven Spielberg. Le premier est un héritier du classicisme hollywoodien avec sa maîtrise du récit, ses scénarios aux valeurs humanistes, ses mises en scène élégantes et efficaces com­me dans le récent Pentagon Papers, ­vibrant hommage à la liberté de la presse. Le second est l’artisan d’un cinéma pop-corn et high-tech, destiné à séduire les enfants que nous sommes tous restés. Mission accomplie, haut la main, avec l’euphorisant Ready Player One, qui prouve que « papy Spielby », à 71 ans, a encore de sérieuses leçons de créati­vité et de modernité à donner aux jeunes générations.

Bienvenue en 2045, à Columbus, Ohio (Etat natal du réalisateur). Pour ne plus penser à leur vie sinistre, la plupart des hommes et femmes du futur passent le plus clair de leur temps avec un masque de réalité virtuelle sur les yeux, seul moyen de pénétrer dans l’Oasis, un jeu vidéo en ligne très addictif. Son fondateur, l’excentrique James Hal­liday, mort quelques années plus tôt, a décidé de léguer sa fortune au gamer qui découvrira « l’œuf de Pâques » dissimulé au cœur du jeu. Wade, un adolescent idéaliste, part à la chasse au trésor, tout comme les salariés de l’IOI, une multinationale du multimédia qui rêve de prendre le contrôle de l’Oasis et, au-delà, du « vrai » monde…

Le film enchaîne avec fluidité les ­allers-retours entre la réalité, très som­bre, de demain et les univers virtuels, tantôt merveilleux, tantôt apocalyptiques, de l’Oasis. Entre les acteurs et leurs avatars numériques. « Les seules ­limites de l’Oasis sont celles de votre imagination », disait son créateur. Spielberg et ses décorateurs ne s’en sont ­posé aucune pour créer des décors, des courses-poursuites, des combats toujours plus fous, toujours plus spectaculaires. Avec un petit supplément d’âme : l’un des charmes du film est d’allier la science-fiction à l’évocation tous azimuts, et délicieusement nostalgique, de la pop culture.

Des tubes de Van ­Halen (Jump) ou de Tears for Fears aux costumes bizarres des Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension en passant par les premiers jeux ­vidéo Atari, Ready Player One est une madeleine de Proust géante – et particulièrement savoureuse – pour qui fut adolescent dans les années 80. La plupart de ses (innombrables) références ne durent que quelques secondes, le temps d’une image ou d’une réplique, mais d’autres constituent de véritables enjeux du scénario. Pour résoudre une des énigmes du jeu, Wade et ses amis doivent ainsi plonger dans l’univers de Shining. Grand moment de vertige ciné­philique, lorsque les décors et les personnages du chef-d’œuvre de Stanley Kubrick sont, à leur tour, transformés en avatars numériques…

Si futuriste soit-il, ce divertissement n’est pas complètement déconnecté du monde d’aujourd’hui. La sinistre compagnie IOI est l’équivalent des Google et Facebook actuels : un fleuron du ­capitalisme ultralibéral qui, derrière la ­façade d’entreprise « cool », rêve d’un monopole absolu, quasi totalitaire, sur son marché. Le blockbuster cache ­aussi une émotion inattendue avec le personnage de Halliday, le créateur de l’Oasis, mi-Steve Jobs (pour ses inventions visionnaires), mi-Willy Wonka (le démiurge excentrique de Charlie et la chocolaterie ). Un ex-ado solitaire, mal dans sa peau, qui trouve refuge dans l’imaginaire des jeux vidéo et des films et devient l’une des personnalités les plus admirées, mais aussi les plus riches de l’industrie du divertissement. On aimerait y voir un autoportrait de Steven Spielberg lui-même. Surtout quand cet éternel enfant, arrivé au soir de sa vie, milite pour un retour au pur plaisir du jeu et du partage…

Propositions de lectures:

Le livre qui a inspiré Steven Spielberg:   Player one d’Ernest Cline paru en livre de poche en 2015.

Bug tome 1, d’Enki Bilal – éditions Casterman- 2017

Décembre 2041, c’est la catastrophe. Un bug planétaire a effacé toute la mémoire numérique du monde. Internet ne répond plus. Médias, industries, hôpitaux, avions… plus rien ne fonctionne. C’est le point de départ du premier volume de Bug (éditions Casterman), la nouvelle bande dessinée d’Enki Bilal.

Dans Bug, Bilal aborde le thème de la mémoire, réelle et humaine versus la mémoire virtuelle. Et de dénoncer la dépendance actuelle aux réseaux, aux connexions et les relations qui ne sont que virtuelles. « On est perdu dès que l’on n’a plus de téléphone pendant 48 heures… Le monde entier dépend de plus en plus de la technologie. Ce récit reste de l’ordre de la science-fiction. Mais c’est aussi l’un des plus réalistes. Je ne fais qu’aborder les conséquences d’un bug généralisé qui paralyserait l’internet, mais dès aujourd’hui elles seraient bien pires que celles que je décris. Il faut que cela reste une fable! » Et pourvu que ça le reste…

Un hors-série co réalisé par Radio France et Libération-Décembre 2017

Derrière l’intelligence artificielle, il y a toujours une intelligence réelle, moins forte mais plus habile. Pourtant, ces réponses rassurantes – mais provisoires ? – n’épuisent pas les interrogations que fait naître l’IA. L’algorithme pourrait aussi se changer en fantassin d’un nouveau Big Brother, instaurant une société de la surveillance généralisée. Les logiciels qui trient les étudiants ou bien remboursent les dépenses de santé pourraient être faussés par les biais sociaux ou ethniques qui existent à l’état latent dans les données dont ils se nourrissent. La prolifération des robots pourrait promouvoir une société du sous-emploi chronique, aussi prospère pour l’élite que désespérante pour les autres.

C’est pour répondre à ces questions, imaginer comment la fragile humanité pourra relever ces défis majeurs, que Radio France et Libération ont réalisé ensemble ce numéro exceptionnel qui aborde de front, avec nos journalistes, les meilleurs experts, les meilleurs penseurs et le talent d’Enki Bilal, tous les aspects de cette saga de science-fiction devenue réalité technologique et sociale.

Hors série – mars 2018 –  « Dans la tête des robots » le Monde

Le robot fait rêver, fantasmer.
Depuis les premiers automates, la robotique est devenue sophistiquée, en particulier avec la montée en puissance de l’Intelligence artificielle, qui simule et reproduit le fonctionnement de l’intelligence humaine. Depuis le début des années 1960, la robotisation transforme nos sociétés dans tous les domaines : industrie, médecine, éducation, loisirs, transports, armées. Des premiers automates aux humanoïdes, en passant par les robots industriels, le hors-série du Monde, Dans la tête des robots propose un voyage dans cet univers en pleine mutation.

Cf p 66 à 71 l’article sur « La lente marche des robots assistants » cantonnés pour l’instant, aux secteurs de la santé, de l’éducation, du tourisme et du commerce…

 

JEUX VIDEO, liens à suivre (ou à recopier dans votre navigateur)

Une technologie développée pour le jeu vidéo Assassin’s Creed Odyssey pourrait contribuer à améliorer une thérapie visant à atténuer l’impact des hallucinations auditives chez les schizophrènes…

https://lactualite.com/sante-et-science/2018/06/18/un-jeu-video-contre-la-schizophrenie/

 

Fornite battle royale : un jeu plébiscité dans les cours de récréation :  https://www.letemps.ch/images/video/societe/monde-craque-fortnite